Valeurs LESSAJ

Juste

Qui favorise un équilibre dans la satisfaction des besoins
et qui tient compte du contexte dans lequel chacun évolue

Pour qu'une plus grande justice émerge au sein de l'économie, tant au niveau local qu'international, nos choix personnels devront être accompagnés de transformations dans nos rapports économiques.

Face aux intérêts des grands groupes industriels, qui contrôlent désormais l'accès aux semences, à la terre, au financement, aux réseaux de distribution, etc. il est urgent de créer des solidarités échappant à leur emprise, des liens de confiance et d'échange direct entre gens de la ville et de la campagne. Nous croyons que de tels liens aideront à faire grandir la conscience quant aux changements nécessaires et la motivation d'agir pour assurer à chacun d'entre nous des conditions justes, tant pour notre travail que pour l'accès à une saine alimentation.

Comment par ailleurs créer des relations plus justes au sein de l'économie locale ?

Pour la mise en marché d'aliments locaux, voici trois dimensions
autour desquelles notre approche pourra se définir :

1. Des critères de sélection justes

Il s'agit d'abord de prendre en compte la réalité des personnes et des milieux et y adapter certaines de nos exigences, tout en soutenant une adaptation des pratiques en fonction des valeurs LESSAJ sur lesquelles nous appuyons notre démarche.

Ainsi, les normes en vigueur au niveau de la certification biologique et biodynamique sont précises et nous les reconnaissons comme garantes de plusieurs de nos valeurs. Par ailleurs, nous percevons que le prix de certains aliments certifiés et des produits artisanaux représente un enjeu pour la valeur accessibilité.

Ceci est dû notamment au peu de subventions accessibles aux petites fermes diversifiées, à l'absence de soutien public pour la transition au biologique, au labeur supplémentaire impliqué, etc. Or pour la santé des personnes défavorisées, l'accès à des aliments frais et nutritifs est essentiel en tout moment.

Ainsi, une piste serait de distribuer certains aliments locaux non certifiés mais s'approchant raisonnablement des exigences du biologique, notamment ceux provenant d'agriculteurs engagés dans un processus de transition.

Un Groupe de travail sur l'approvisionnement pourrait évaluer dans chaque secteur alimentaire quels producteurs rejoignent le plus l'ensemble de nos valeurs.

Les critères d'évaluation pourraient être révisés régulièrement avec la participation de travailleurs actifs dans ces secteurs.

Toutefois, il demeurera essentiel de faire des pressions pour des changements au niveau des politiques agricoles en faveur des fermes paysannes et des artisans locaux en transformation alimentaire.

2. Des principes d'organisation justes

Il s'agit deuxièmement de proposer un certain nombre de principes d'organisation qui nous semblent justes, de les appliquer à notre propre fonctionnement et de privilégier les associations avec des partenaires qui font des efforts dans le même sens.

Voici trois de ces principes, inspirés de ce que l'on appelle l'économie participative et qui peuvent s'appliquer à l'organisation interne des entreprises :

  • Qu'il y ait une recherche d'équilibre au niveau de la répartition des tâches au sein de l'entreprise de manière à répartir équitablement les tâches valorisantes et éviter de concentrer les rôles de décision et de création chez certains et ceux d'exécution, plutôt répétitifs, chez d'autres.

  • Que chacun reçoive une rétribution proportionnelle à l'effort et au temps investi dans l'entreprise et non en fonction de sommes d'argent octroyées à celle-ci.

  • Que les décisions soient prises de manière équitable par les personnes qui seront affectées par celles-ci et que l'information nécessaire aux prises de décisions soit accessible à toutes les personnes concernées.

3. Des prix et des ententes justes

Il s'agit enfin de viser un équilibre au niveau de la satisfaction des besoins de chacun dans la définition des prix et autres "valeurs d'échange".

Le marché, tel qu'il est organisé actuellement, accorde très peu de valeur aux biens de première nécessité que sont les aliments et au travail qui y est relié. Dans l'agriculture écologique, les coûts de production sont souvent à peine couverts par les prix de vente, le matériel nécessite souvent un endettement dont on se sort difficilement, et ainsi de suite, au point où plusieurs fermes n'arrivent plus à survivre.

D'autre part, pour bien des gens de la ville, les sommes nécessaires pour couvrir les besoins essentiels (logement, etc.) sont telles qu'elles ne leur laissent qu'un montant bien mince pour s'alimenter.

Ainsi, aux deux extrémités de la chaîne nous devons gagner en respect et en dignité.

Dans ce contexte, vendre des aliments au prix le plus élevé que certains seraient prêts à offrir sur le marché en exclurait l'accès à une majorité. Cependant, exiger des prix aussi bas que ceux que les supermarchés arrivent à obtenir en acculant les fermiers à la faillite serait également manquer de considération.

Les "valeurs d'échange" seraient donc à définir conjointement avec la participation de gens aux deux bouts de la chaîne et en réduisant les intermédiaires entre eux, par le biais d'une association participative de distribution alimentaire.



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