Valeurs LESSAJ

Accessible

Qui est disponible à tous et chacun,
quelle que soit sa condition sociale ou son lieu de résidence

Encore aujourd'hui, même dans notre pays industrialisé, il y a une partie de la population qui ne mange pas à sa faim. Cela va sans dire que la quantité de nourriture produite n'est pas le seul élément à considérer (comme semble le considérer le système d'aujourd'hui en place), mais encore faut-il pouvoir se procurer des aliments de qualité.

L'organisation mondiale de la santé a défini la sécurité alimentaire comme suit :

" L'accès physique et économique de tous les êtres humains, à tout moment, à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active."

Or, le système de mise en marché actuel favorise plutôt l'accès à des produits transformés qui ne sont pas les plus sains ni les plus nutritifs, en plus de favoriser une alimentation standardisée et peu représentative de la diversité d'aliments qui existent.

Cette réalité est facilement compréhensible, vu la structure des grandes chaînes d'alimentation qui vise la mise en marché d'un grand volume d'aliments au moindre coût dans un objectif de rentabilité et de profit. Plus spécifiquement, les structures de ces supermarchés obligent les détaillants à s'approvisionner en majeure partie via les entrepôts de la maison mère, qui, elle-même, fait affaire avec des producteurs pouvant leur fournir un certain volume de production ainsi qu'une standardisation des aliments et de leur emballage. Les gros producteurs qui ont investi dans une infrastructure axée sur le volume et le rendement sont donc les plus en mesure de fournir ces marchés d'alimentation. Cependant, il est difficile pour les producteurs qui ont misé sur une plus petite production diversifiée, de qualité et qui minimisent leur coût environnemental de s'insérer dans ce modèle. L'accès à une nourriture saine devient donc un problème via ces méga-épiceries qui constituent, à l'heure actuelle, la majeure partie de la distribution alimentaire au Québec.

De plus, l'accessibilité des produits locaux est aussi loin d'être assurée à travers ces épiceries, qui ne les priorisent pas nécessairement. Les coûts environnementaux liés au transport des marchandises n'entrent pas en effet dans les critères d'approvisionnement de ces entreprises. Même dans les cas où ces supermarchés s'approvisionnent localement, il est souvent difficile de retracer les produits provenant du Québec, et ce, même si la loi oblige les commerçants à indiquer la provenance de tous les produits. On remarque premièrement un laisser-aller dans les étalages par rapport à l'information sur la provenance des aliments, surtout dans la section des fruits et légumes. Deuxièmement, l'indication " produit du Québec " désigne souvent le lieu où l'aliment a été transformé ou emballé et non son origine réelle. Cette formulation de la loi sur les appellations rend donc la tâche plus ardue à ceux qui veulent acheter des produits d'ici et amène parfois à des aberrations pour le consommateur peu averti qui pourra s'étonner de la mention " produit du Québec " sur des pots d'olives.

Finalement, bien que plusieurs magasins offrent maintenant une section d'aliments biologiques, ceux-ci sont majoritairement importés. De plus, l'offre biologique se retrouve en concurrence avec l'offre alimentaire conventionnelle, qui n'inclut pas les coûts environnementaux et sociaux. Dans un contexte où le prix occupe une grande place dans les décisions d'achat des consommateurs et en particulier chez les plus démunis, l'accès aux aliments biologiques d'ici demeure limité.

Notre projet se propose donc de réfléchir à une nouvelle méthode de mise en marché qui favorisera l'accès à une nourriture locale, écologique, saine, solidaire et juste. Ultimement, c'est l'accès à l'autonomie et à la sécurité alimentaire qui est visé. Les aspects suivants doivent ainsi être pris en compte.

Premièrement, on note que tous n'ont pas les moyens de s'offrir une nourriture suffisante et de qualité. À l'inverse, une portion grandissante de la population à aujourd'hui recours à des services de dépannage et de banque alimentaire.

Nous devrons donc trouver un moyen d'offrir une nourriture qui est la plus abordable à toutes les couches de la société, tout en offrant un prix juste aux producteurs. Un approvisionnement plus direct à la ferme et suivant les saisons nous semble être un bon moyen d'y accéder. De plus, cette méthode a aussi l'avantage de mettre en marché des aliments d'une grande fraîcheur.

Deuxièmement, on note que la distribution alimentaire est inégalement répartie sur le territoire. Il est plus difficile de se procurer, avec le système de mise en marché dominant actuel, des aliments locaux et frais lorsqu'on demeure loin d'un grand centre ou d'un marché public. De plus, au sein même des villes, on remarque que plusieurs quartiers défavorisés sont moins bien desservis par les marchés d'alimentation.

Notre nouvelle méthode de mise en marché devra donc pouvoir prendre racine dans d'autres régions du Québec et pouvoir être viable, même dans les quartiers moins nantis.

Troisièmement, ce n'est pas tout de pouvoir physiquement se procurer des aliments locaux, écologiques, sains, solidaires et justes, encore faut-il pouvoir les apprêter.

Notre approche devra donc inclure des aliments et une cuisine simples qui sera utilisable par tous. Les recettes que nous proposerons n'auront pas recours à une préparation trop longue ni trop complexe et ne requierreront pas une multitude d'instruments de cuisine. En somme, nous proposerons des techniques et concepts simples, que tous pourront adopter et qui seront adaptés à notre mode de vie moderne.

Finalement, en considérant tous les problèmes environnementaux et ceux de la santé qu'engendre aujourd'hui le système de production agricole dominant, un travail de sensibilisation à l'alimentation locale et à la saine alimentation devra faire partie intégrante de notre projet.


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